Audrey-Anne Girardin, jeune notaire passionnée

Audrey-Anne Girardin, jeune notaire passionnée

Lorsqu’on lui dit que les notaires ne sont que des remplisseurs de formulaires, Audrey-Anne Girardin monte aux barricades : «Si tout le monde savait le nombre d’heures que l’on passe dans un dossier, le nombre de vérifications que l’on doit faire, le nombre d’appels à placer auprès des pers intervenants, le temps que ça prend pour bien rédiger un acte sur le sens du monde, etc. Il faut tout adapter! Ce n’est pas une question de formulaire à remplir.»

Lorsqu’on lui dit que les notaires ne sont que des remplisseurs de formulaires, Audrey-Anne Girardin monte aux barricades : «Si tout le monde savait le nombre d’heures que l’on passe dans un dossier, le nombre de vérifications que l’on doit faire, le nombre d’appels à placer auprès des pers intervenants, le temps que ça prend pour bien rédiger un acte sur le sens du monde, etc. Il faut tout adapter! Ce n’est pas une question de formulaire à remplir.»

Originaire de la région, Me Girardin est revenue s’installer au Centre-du-Québec l’an dernier, après avoir travaillé quelques années en Montérégie. Elle travaille depuis comme notaire chez Boudreau et associés, au sein d’une équipe qu’elle affectionne particulièrement. Elle accorde une grande importance au côté humain de la profession notariale et travaille principalement le droit des personnes.

Nous lui avons posé cinq questions pour en savoir plus sur son métier et sa personnalité qui, bien évidemment, transparaît dans ses relations avec la clientèle.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de travailler chez Boudreau et associés?

Je voulais revenir travailler chez Boudreau et associés, le bureau où j’ai fait mon stage; celui qui m’a donné ma première chance dans le notariat. Je voulais travailler avec une équipe motivée qui avait un souci du service à la clientèle et qui accordait de l’importance à chaque client.

Ici, j’ai l’opportunité de me spécialiser en droit des personnes, de suivre des formations poussées dans le règlement des successions, la planification successorale et les procédures non contentieuses afin d’être vraiment aux faits des dernières nouveautés dans mon domaine de prédilection. Ce ne sont pas toutes les études qui offrent à leur jeune notaire de se spécialiser et d’approfondir leurs connaissances dans un domaine spécifique du droit. En plus j’ai la chance de côtoyer des juristes (notaires et avocats) d’expérience qui se spécialisent dans d’autres secteurs du droit. Les échanges sont tellement enrichissants.

Alors quand j’ai vu au printemps 2015 que B&A recherchait un notaire à Victoriaville, j’ai vu ça comme un signe du destin. On a vendu notre maison à Salaberry-de-Valleyfield, j’ai postulé chez B&A et on a acheté notre maison ici, tout ça en moins de 3 mois!

Votre spécialité est le « Droit des personnes ». Quelles sont ces personnes avec qui vous travaillez au quotidien?

Toutes les personnes! Monsieur et Madame tout-le monde, gens d’affaires, retraités, jeunes couples, etc. Je rencontre des clients qui veulent rédiger leur testament et leur mandat en cas d’inaptitude. D’autres qui commencent leur vie de couple pour lesquels il faut rédiger contrat de mariage ou convention de vie commune.

J’aime prendre le temps de bien connaître mes clients, de connaître leur histoire, d’apprendre ce qu’ils font dans la vie. C’est un travail très humain, le droit des personnes. Il faut bien planifier avec le client et poser plein de questions pour élaborer plusieurs plans et produire les documents qui seront les mieux adaptés à la situation spécifique du client.

Je rencontre également des personnes endeuillées qui viennent de perdre un proche (conjoint, parent, enfant) afin de les assister dans le règlement de la succession. Je crois aussi qu’il faut écouter les personnes qui ont ce besoin de parler de leur proche décédé. C’est important pour moi d’écouter. Il y a également ces rencontres avec les majeurs inaptes (personnes atteintes d’Alzheimer ou qui ont une déficience intellectuelle) lors de l’homologation de leur mandat en cas d’inaptitude ou de l’ouverture d’un régime de protection. C’est quelque chose de rencontrer ces gens et les membres de leur famille. Énormément touchant.

Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre métier? On a souvent tendance à penser que le travail d’un notaire est redondant, mais est-ce réellement le cas?

J’aime le côté humain de mon métier comme je l’ai écrit à la question précédente et j’adore les casse-têtes juridiques… résoudre une nouvelle énigme. Quand le client me pose une question et que je n’ai pas la réponse. C’est frustrant de ne pas pouvoir répondre tout de suite au client, mais j’adore prendre le temps de chercher et de trouver une solution à chaque question. Chaque jour, j’apprends quelque chose de nouveau. Je me dis que ça va être comme ça jusqu’à la fin de ma carrière.

Le droit des personnes c’est très large, ça évolue avec le temps et les mœurs de notre société, chaque client a une situation différente, alors il faut modifier les actes pour que ça concorde avec leurs besoins spécifiques. C’est loin d’être redondant. Oui, il y a une base que l’on répète souvent. Par exemple, les étapes de base dans le règlement d’une succession sont les mêmes pour tous les dossiers, mais les intervenants au dossier (planificateur financier, assureur, liquidateur, héritiers) sont tous différents de sorte qu’aucune succession ne sera pareille à l’autre.

Le droit des personnes c’est très large, ça évolue avec le temps et les mœurs de notre société, chaque client a une situation différente, alors il faut modifier les actes pour que ça concorde avec leurs besoins spécifiques. C’est loin d’être redondant.

À l’inverse, quelle est le côté le plus délicat de votre rôle notarial?

Nous sommes là pour essayer de protéger le client et nous sommes formés pour ça! Le client souvent se croit invincible et il faut le ramener à la réalité et lui faire penser qu’un jour peut-être, on ne le souhaite jamais évidemment, pourrait survenir une situation qui le rendrait vulnérable. Je suis toujours un peu déçue quand le client sort de mon bureau et qu’il n’est pas protégé comme je l’aurais voulu parce qu’il n’a pas compris l’importance, par exemple, de rédiger en mandat en cas d’inaptitude et qu’il ne veut pas de ce service. Souvent, c’est une question de coûts, mais parfois les conséquences de ne pas être bien protégé sont désastreuses financièrement.

Travailler avec un notaire sert souvent à se prémunir de situations fâcheuses, mais arrive-t-il que vous deviez intervenir à l’occasion dans des situations litigieuses?

J’aime toujours mieux travailler en prévention. Vaut mieux prévenir que guérir! J’ai d’ailleurs choisi le notariat pour cet aspect non litigieux du droit. Il arrive souvent cependant qu’il y ait des litiges entre certains inpidus dans nos dossiers, mais que nous n’ayons pas forcément à nous retirer du dossier et à référer à un avocat. La ligne est parfois très mince. Si notre travail est contesté ou à partir du moment où notre devoir d’impartialité est en jeu, les notaires n’agiront plus dans le dossier.

Quand survient une différence d’opinions dans un règlement de succession par exemple, j’aime mieux suggérer aux clients de prendre le temps d’arriver à trouver une solution commune avant de s’envoyer des mises en demeure. La médiation entre les parties c’est la règle maintenant. Cependant, il y a des conflits pour lesquels on n’a d’autre choix que de référer à nos collègues avocats.

Nous sommes chanceux chez B&A d’avoir cette proximité avec eux. C’est vraiment l’idéal. J’aime particulièrement collaborer avec Me Leblond quand il a des dossiers litiges en règlement des successions. C’est particulier de voir la vision des avocats sur ce genre de dossier.

* Question bonus *

Vous avez une passion pour le chant. Vous avez d’ailleurs fait partie du grand Chœur Daveluy. Diriez-vous que vous combinez à la fois un côté rationnel et artistique?

Je suis le mouton noir de ma famille de musiciens puisque je ne gagne pas ma vie en faisant de la musique! Je pense d’ailleurs qu’il y a un côté artistique au notariat et un côté rationnel à la musique. Le notaire joue avec les mots. Il doit trouver les bons mots pour expliquer une situation juridique. La petite fille en moi qui voulait devenir écrivaine est comblée au moment de composer des textes. Dans la musique, il y a cet aspect mathématique dans le rythme, dans les motifs musicaux, etc.

J’adore chanter avec le Chœur Daveluy tous les mardis soirs. C’est une belle gang. On a une chef de Chœur, Suzanne Lainesse, passionnée et inspirante qui nous présente toujours des projets super stimulants. 

Audrey-Anne Girardin s’implique beaucoup dans la communauté. D’ailleurs, elle est aussi secrétaire du conseil d’administration du Centre de prévention suicide Arthabaska-Érable. Elle travaille entre autres à l’organisation du souper-bénéfice qui a lieu chaque année. « Je m’implique auprès de cet organisme à la suite du décès de ma maman en septembre 2015. C’est tellement un bel organisme de notre région qui accompagne les gens endeuillés par suicide, les jeunes comme les adultes, et qui comme le notaire, travaille en prévention. Avec ses lignes d’écoute et les formations sentinelle qu’il donne, le CPSAE est une grande motivation pour moi et fait en sorte que j’accorde plus d’importance au côté humain de la profession notariale. Je porte une attention particulière à mes clients endeuillés lors du règlement des successions. »