Léguer une police d’assurance-vie : Bénéficiaire designé ou clause testamentaire?

Léguer une police d’assurance-vie : Bénéficiaire designé ou clause testamentaire?

Est-il préférable de nommer un bénéficiaire lorsque vous contractez une police d’assurance-vie ou vaut-il mieux indiquer que celle-ci est payable aux héritiers légaux? Ça dépend! Dans certaines situations, il est plus opportun d’inclure une clause de legs dans votre testament, alors qu’à d’autres moments il est plutôt dans votre intérêt de choisir un bénéficiaire. Voici quelques informations pour vous aider à faire le bon choix.

Les avantages du bénéficiaire désigné

Lorsque vous nommez un bénéficiaire spécifique (qu’on appelle dans les faits un bénéficiaire désigné), à votre décès, votre assurance-vie lui sera versée sans avoir à passer par l’intermédiaire de votre succession. Un bénéficiaire désigné qui est également un successible pourrait même aller jusqu’à refuser une succession insolvable et toucher le produit de la police d’assurance-vie.

Aussi, certains le savent par expérience personnelle, le règlement d’une succession peut durer plusieurs mois, voire des années. Le fait d’avoir un bénéficiaire désigné permet à ce dernier d’obtenir le montant payable de la police sans avoir à attendre la fin de la liquidation successorale. Le temps réduit pour toucher les liquidités constitue donc un autre avantage.

Les avantages d’une clause testamentaire

Lorsqu’aucun bénéficiaire n’a été désigné, ou s’il est spécifié que la police d’assurance-vie est payable aux héritiers légaux, il faut voir le contenu du testament pour savoir à qui, et de quelle façon, sera remise l’indemnité reçue par votre succession au titre d’assurance-vie et, dans ce cas, cette somme viendra augmenter le patrimoine successoral.

Le parent d’un enfant mineur pourrait vouloir léguer sa police d’assurance-vie par testament afin que les montants puissent être gérés en fiducie jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge souhaité, évitant ainsi à la succession tout un tracas avec les procédures d’un conseil de tutelle. En remettant l’assurance-vie dans la succession, on peut également prévoir au testament une remise de l’argent de façon graduelle à l’enfant, de manière à ce que cet argent soit utilisé pour ses besoins réels.

Inclure le legs de l’assurance-vie dans un testament peut être aussi avantageux lorsque l’on veut rendre ce legs insaisissable. Le notaire verra donc à inclure une clause d’insaisissabilité au testament et ainsi assurer de mettre l’argent légué à l’abri des créanciers de vos héritiers.

Comme vous pouvez le constater, la question de la police d’assurance-vie comporte plusieurs nuances. N’hésitez pas à consulter votre juriste : il vous conseillera sur la meilleure décision à prendre!